Présentation du bourg et des hameaux

L'installation de l'Abbaye, dans cette zone défrichée, de la forêt du Nid au Merle, entraîna, sous l'autorité seigneuriale de l'Abbaye, le développement du bourg et des hameaux alentours...
L'église paroissiale fut érigée au cours de la seconde moitié du 12ème siècle ; plus tard, aux 16ème et 17ème siècles, la halle, l'auditoire de justice, la prison et l'auberge de l'Ecu de France où étaient accueillies les familles des religieuses.

Ces bâtiments, dont certains ont été dénaturés, sont encore existants et donnent au centre bourg de St-Sulpice toute son originalité. Cet ensemble architectural constituait à la Révolution ce qu'on nommait la ferme du bourg ou encore la grande auberge de St-Sulpice.

A la Révolution, les principales métairies, sous la tutelle de l'Abbaye, étaient celles du Feuillet, du Landrot, de la Hamonais en direction de Saint-Denis. La métairie de Champie dépendait, elle, directement de l'Abbaye par sa proximité.

Ces métairies comportaient toutes un bâtiment principal en terre sur solin de pierres et couverture d'ardoises. Un refuge à porcs, souvent en appentis, était couvert en paille. Toutes les métairies possédaient au moins une étable et une grange comme dépendances. Les bâtiments principaux avaient toujours leur façade vers le sud ou l'est (à l'abri des vents dominants).

La métairie de la Hamonais était sans doute la plus riche, l'habitation possédait, en effet, trois niveaux : une cave avec au-dessus une chambre avec cheminée que surmontait un grenier. La grange était construite en pierre, chose assez rare.

Le Landrot était plus modeste avec, sous le même toit, une demeure, une étable et une pièce de décharge ; dans la cour, se tenait une seule grange.

La métairie du Feuillet abritait sans doute deux ménages, car tout y était dédoublé (deux demeures, deux étables, deux refuges à porcs).

Champie possédait une très longue grange et surtout, chose rare à cette époque dans la région, une écurie.

Toutes ces terres rapportaient à l'Abbaye des revenus et pourvoyaient en aliments et boissons l'ensemble des religieux.

A la Révolution, ces biens furent confisqués et devinrent ensuite propriété de la commune et de personnes privées. La petite paroisse, divisée alors en trois traits nommés : la Ville, la Corbière et la Rue, fut supprimée en 1804 et son territoire intégré à celui de Chasné-sur-Illet. Une ordonnance royale du 11 Février 1820 redonne à Saint-Sulpice son statut de paroisse.

Saint-Sulpice trouve donc ses racines dans son passé religieux. Du 12ème siècle à la Révolution, sa vie fut ponctuée pendant sept siècles des mâtines à l'angélus. Les jours s'égrenèrent sur le chapelet des religieux.