Présentation de la géologie de la commune

Saint-Sulpice-la-Forêt dans l'histoire géologique du massif armoricain

Si c'est bien en Bretagne que l'on trouve les roches les plus vieilles de France, vestiges rares d'un premier continent, appelé Icartien, datées de 2,2 milliards d'années, le bassin de Rennes, au sein duquel se trouve St-Sulpice-la-Forêt, est formé d'un socle rocheux érodé beaucoup plus récent puisqu'il date du Briovérien, époque géologique datée entre -650 et -540 millions d'années.
Le sous-sol est constitué  des schistes briovériens qui forment, en général, le sous-bassement du Massif Armoricain ; ils ont été bien étudiés dans la région de Saint-Lô, dont le nom latin était Brioveria. Ils affleurent  çà et là, plus ou moins altérés dans les talus des routes encaissées de St-Sulpice, en particulier sur celle de Saint-Denis.

Ils sont recouverts par le sol dont la couche profonde, de couleur jaune, parfois décolorée, presque blanche, constitue l'argile qui provient de leur altération et porte le nom local de "cosse". Cet horizon du sol constitue une couche imperméable qui explique le fait que, dès que le relief ne permet pas l'écoulement, les sols sulpiciens sont rapidement gorgés d'eau.

Sur la carte géologique au 1/50000ème, sont représentés localement les "limons des plateaux" qui correspondent à un sédiment fin déposé par le vent. Ce limon, encore appelé "loess", provient de fines particules arrachées aux plages et aux fonds marins exondés de la Manche lors des glaciations  de l'ère quaternaire quand la Bretagne subissait un climat périglaciaire et ce, jusqu'à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans. Les zones occupées par ce loess, qui recouvre alors les schistes briovériens, sont fertiles, car ces sédiments contiennent des particules calcaires (originaires du milieu marin), qui amendent naturellement les sols, les rendant moins acides, mieux structurés et plus perméables.

 

Géologie, hydrographie et relief

Le centre bourg de Saint-Sulpice se situe aux environs de 60 mètres d'altitude, au fond de la vallée creusée par le ruisseau de la Fresnay dans les schistes tendres briovériens ; de chaque côté, le relief s'élève en pente douce, perpendiculairement à la vallée ; vers le sud, avec à 89 mètres la maison forestière de Saint-Denis et au nord avec 70 mètres au Cropy et à la Corbière, la vallée du ruisseau étant grossièrement orientée Sud-Est – Nord-Ouest ; les pentes sont douces vers Liffré et Chevaigné en suivant le ruisseau.

 

Les sols, l'agriculture et la forêt

Les sols argileux sont propices aux zones humides, tout particulièrement sur les berges du ruisseau de la Fresnay. Cependant, établis, après défrichage sur des sols bruns forestiers, les terrains de la commune furent mis en valeur avec la création de l'Abbaye. Sur les terres fertiles, on y récoltait, dès le 12ème siècle, froment, blé noir, orge (paumelle) et avoine. Pâturages et vergers ont toujours permis l'élevage et l'exploitation d'arbres fruitiers, surtout des pommiers pour l'élaboration du cidre.
Jusque dans les années 1970, St-Sulpice est resté un bourg agricole ; depuis, le nombre d'agriculteurs s'est réduit, la proximité de la forêt a favorisé la présence sur les pâturages des chevaux de loisir, ou encore l'élevage de cerfs.

C'est sans aucun doute la proximité du grand massif forestier qui marque l'originalité  de St-Sulpice-, qui porte bien son nom, "la-Forêt". En fait, sur le territoire communal, à peine quelques hectares sont occupés par la bordure de la forêt de Rennes, située essentiellement sur les communes de Liffré et Thorigné-Fouillard.

Pourtant, St-Sulpice apparaît bien comme une commune forestière par la proximité  immédiate entre le bourg et les massifs boisés. Lorsqu'on arrive à St-Sulpice de Rennes par la D97, la route est bordée, depuis la sortie de Betton jusqu'à l'Oliverie, par la forêt de Rennes ; plus loin, on longe le bois privé du Fayel (80 ha).

Si on prend la rue Raoul de la Futaye, on arrive à un chemin qui mène tout droit en forêt de Rennes, au carrefour de la Ville Abbé. De la cour de l'école, de la mairie, de l'église, en regardant vers l'est, se dessinent les ruines abbatiales avec, en toile de fond, la forêt de Rennes.

Si l'on se rend de Liffré à St-Sulpice, on traverse d'est en ouest la forêt de Rennes. Qu'on vienne de l'est ou du sud, on découvre St-Sulpice dans son écrin forestier. Sans doute au 12ème siècle, ce lieu insolite, niché en plein cœur de la forêt, avait-il décidé Raoul de la Fustaye à y fonder un monastère pour se retirer en ermite au sein du "désert vert" (La Fontaine St-Raoul), comme on le disait à l'époque loin du tumulte de la société.