Historique des lieux et monuments de la commune

Un lointain passé Gallo-Romain ?

Proche de Rennes, alors appelée Condate, la clairière de Saint-Sulpice était située non loin des voies romaines qui partaient vers des métropoles plus septentrionales, en particulier celle de Rennes à Avranches (Condate – Legadia).
Jusqu'au 19ème siècle, un "chemin pavé" reliait le centre bourg à l'Abbaye en longeant la chapelle Notre-Dame sur l'Eau.
Sans doute, plus tard, l'espace fut occupé puisque des tombes carolingiennes y auraient été découvertes.

 

Ce qui reste de l'Abbaye bénédictine et de ses dépendances

Bien mis en valeur sous l'égide du Conseil Général, cet édifice est ouvert au public et un grand panneau pédagogique permet d'y faire une visite fructueuse.

Cette église romane présente un plan à la fois simple et empreint de perfection.
Elle est constituée d'une grand nef débouchant sur un transept de chœur avec absides et absidioles. On s'attardera sur l'observation des sculptures des chapiteaux du transept. La nef d'origine était de 15 mètres plus longue que l'actuelle.

En effet, un mur (façade ouest), construit en 1617, la raccourcit énormément. Le transept est la partie la mieux conservée de l'édifice. Il se compose de trois carrés égaux. Les chapiteaux conservés offrent un répertoire varié de sculptures. Les colonnes d'angles supportaient une voûte de pierre surmontée du clocher. Désormais, l'ensemble du transept s'ouvre sur le ciel. Par terre, dans le croisillon nord, on peut observer, sculptée dans une pierre de granit, une femme portant une croix et souriant ; cette sculpture souligne qu'à l'époque la méditation sur la passion du Christ était essentielle à la spiritualité.
Le croisillon sud est le mieux conservé ; la pureté architecturale de son absidiole est encore remarquable. Le chœur et l'abside ne sont hélas pas conservés. L'emplacement de la base de leurs murs est encore repérable. Le croisillon sud se prolonge par la chapelle Saint-Raoul.

Cette chapelle abrite les tombeaux en pierre maçonnés de Saint-Raoul et de Saint-Aubert qui furent vénérés jusqu'au 18èmesiècle. Ce monument n'est pas ouvert au public car il abrite, l'hiver, jusqu'à six espèces de chauves-souris dont la plus remarquable, le Grand Murin.

 

Douze monuments autour de l'abbatiale

L'Eglise paroissiale du 12ème siècle, entourée par son cimetière, est de plan rectangulaire. Elle possède une croix faîtière (12ème siècle). Elle abrite la petite statuette de bois (8,2 cm, pouvant tenir dans un nid de Merle), dite, selon la légende, Notre-Dame-du-Nid-au-Merle. Le retable de bois est de 1689. A proximité, dans le cimetière, une croix de granit du 15ème siècle avec, au revers, les armes de Jeanne II de Milon (1482-1498), retrouvées sur les fonts baptismaux et au chevet de l'église.

Pavillon et cloître : ces édifices du monastère furent reconstruits en 1651, après l'incendie, sous la tutelle de Marguerite d'Angennes.

L'infirmerie : c'est au cœur du parc, de nos jours, le siège de l'association des Papillons Blancs ; elle date des 16 et 17ème siècles.

Porterie et logis de l'Abbesse : la porte principale de l'Abbaye fut édifiée en 1423 sous l'Abbesse Guillemette de Taillis dont elle porte le blason. A gauche, se trouve le logis de l'Abbesse érigé en 1626.

Le moulin : il possède une porte de granit à tympan monolithe sculptée du blason de Jeanne de Milon (Abbesse de 1391 à 1407).

La chapelle Notre-Dame sur l'Eau : l'étang au bord duquel elle fut édifiée est comblé. Cet édifice, commencé en 1435 sous Guillemette de Milon (Abbesse de 1426 à 1437) fut achevé en 1447. Elle prône majestueuse sur le bord de la route, anciennement "chemin pavé". Cet édifice de grès, malgré l'absence prolongée de sa toiture, a résisté aux assauts du temps.

La Mairie : ancien presbytère, datant de 1870, le portrait de Marguerite d'Angennes (Abbesse de 1609 à 1662) y est conservé.

 

La Halle, l'auditoire et l'auberge : La Halle, dite encore la Grange, est le plus ancien bâtiment de terre du bassin de Rennes (17ème siècle). A côté, se trouvent l'ancien auditoire de justice qui servait aussi de prison et l'auberge de l'Ecu de France (1632) où étaient accueillies les familles des religieuses.

 

Le passé historique de Saint-Sulpice a donc laissé son empreinte dans l'environnement forestier de la commune. Longtemps restée à l'abri de l'explosion démographique du bassin rennais, elle conserve un charme désuet et séduit par ses paysages bucoliques. A la fois proche par la distance et loin par l'atmosphère de la grande métropole, c'est une petite commune qui vaut le détour.